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cri

Ni la phrase ni le trait ne peuvent sortir indemne du cri, sauf à faire la sourde oreille. Le cri module l'écriture. Figures défigurées, migrants, migrateurs, oiseaux pris dans la marée noire humaine : ça crie et c’est le pré-texte à une phrase qui va se trouver déroutée de son tracé habituel.

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figure

Les figures sont nées comme des anti-portraits, d'un crayon qui ne voulait plus suivre les impératifs de la ressemblance. Elles ont gardé des visages les contours et les trous. Trous des yeux, trou de la bouche et parfois trous des oreilles. Quelques accessoires parfois ou une main ici ou là, comme ce qui reste à un homme qui n'a jamais pu vivre sans son étoile ou son poing serré.

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passages

Sans prétextes restent les passages. Plus que le trait qui passe. Comme des lignes d’écritures juste pour l'écriture, Pour les pleins, les déliés, l'encre qui coule ou se retient et puis qui sèche vite en plein soleil, longtemps cachée.

tracer

D'abord, le crayon dessine visage, corps, oiseau,... presque trait pour trait. Puis marche arrière : déconstruction, effacement, quelques formes simples seulement sont retenues. Une fois le dessin essoré de toutes ses évidences, le geste va s'engouffrer dans le tracé. La sobriété de son chemin doit permettre au geste d'y déverser toute sa puissance. Le dessin rend emportements, arrêts, hésitations et tremblements du geste. Il est retenu si le tracé paraît spontané, fulgurant.

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tache

Souvent, le dessin se pose sur une tache. Une tache couleur terre remplie d’eau. Un mélange d'eau, de noir, de blanc et de jaune qui donne l'idée d'une terre transparente. La toile est salie de ce premier jet et devient comme une paroi, avec ses accidents.

Une fois la terre sèche, les yeux posent leurs trous et leurs percées. Les yeux sont souvent les premiers traits du dessin. La tache est leur terre d'accueil. Le reste du dessin peut venir, perturbé par cette tache première. 

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oiseaux

Pourquoi les oiseaux? Les oiseaux sont venus après les figures. Peut-être comme une suite à la défiguration entamée, pour sortir encore un peu plus de la référence humaine et se retrouver, entre terre et ciel dans l’extrême légèreté et l'infinie gravité qu’offrent les oiseaux; entre cris, piaillements, chants, ailes déployées, repliées ou abîmées, becs ouverts et tendus, envols et pas claudicants.

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